Lors de l’examen détaillé du PLF 2027 en commission des Finances de la Chambre des représentants, Fouzi Lekjaa a fermé la porte à tout retour des carburants dans la Caisse de compensation, un soutien généralisé qu’il juge coûteux et peu équitable. Le ministre a aussi défendu les marges des distributeurs, plaidé pour la séparation des activités d’importation et de distribution, et évoqué l’avenir de la SAMIR. Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, Fouzi Lekjaa, écarte toute possibilité de réintégrer les produits pétroliers dans le système de compensation. Il assure que l’Exécutif suit au quotidien, de près, l’évolution des prix des matières premières et des intrants de l’économie nationale en provenance des marchés internationaux. Lors de la réunion de la commission des Finances et du Développement économique de la Chambre des représentants, consacrée ce mardi à la discussion détaillée du projet de loi de finances (PLF) 2027, Lekjaa a plaidé pour un langage de vérité envers les citoyens, loin de toute « démagogie ». Il a réaffirmé que le rétablissement d’un soutien via la Caisse de compensation n’est pas à l’ordre du jour. Pour le ministre, le mécanisme traditionnel de compensation profite surtout aux catégories au pouvoir d’achat élevé et aux plus gros consommateurs, tandis que les ménages vulnérables et pauvres en bénéficient le moins. Il a souligné que mobiliser des enveloppes considérables, pouvant atteindre entre 50 et 70 milliards de dirhams par an, dans un soutien généralisé et non ciblé, « ne permettrait pas d’atteindre la justice sociale et ne protégerait pas, en premier lieu, les couches visées ». Alors que des propositions de baisse des droits et taxes appliqués aux carburants étaient débattues, le ministre a averti que la suppression de la taxe intérieure de consommation (TIC) ne ferait baisser le prix que d’environ 1,20 dirham par litre. Sur la polémique relative aux bénéfices des sociétés de distribution de carburants, Lekjaa a présenté les indicateurs financiers du secteur. Le chiffre d’affaires des opérateurs est passé à 131 milliards de dirhams en 2025, avec une marge bénéficiaire d’environ 5,85 %, à comparer au pic de rentabilité enregistré en 2017. Selon lui, ces chiffres doivent être appréciés en les comparant à ceux des autres secteurs commerciaux, et en tenant compte des risques liés à l’importation et de la volatilité des cours sur le marché de Rotterdam, qui oblige les sociétés à programmer leurs commandes et leurs stocks jusqu’à trois mois à l’avance. Au chapitre des réformes structurelles, le ministre a fixé les priorités de la période : parachever les conditions d’une concurrence libre, accroître les capacités de stockage nationales pour renforcer la sécurité énergétique, et traiter la question du lien actuel entre les activités d’importation et de distribution, en allant vers leur séparation afin de limiter d’éventuels dysfonctionnements et de garantir une transparence totale sur le marché intérieur. Abordant le dossier de la raffinerie SAMIR, Lekjaa a estimé que le sujet appelle un examen objectif, sans simplification excessive : le raffinage n’est plus un choix stratégique, même pour les grands pays producteurs, et il ne garantit pas nécessairement une baisse des prix à l’échelle locale, surtout lorsque le baril dépasse la barre des 100 dollars. Il s’est en revanche dit favorable à toute initiative de partenariat public-privé ou à tout investissement, marocain ou étranger, qui contribuerait à remettre l’installation en service, précisant que la valeur réelle de la raffinerie réside aujourd’hui avant tout dans ses infrastructures, qui peuvent renforcer le stock stratégique du Royaume. The post Lekjaa exclut un retour des carburants à la compensation appeared first on Hespress Français - Actualités du Maroc .
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