À l’échelle de l’histoire d’une nation, les réalisations et les avancées, aussi historiques et mémorables soient-elles, ne sont souvent que des étapes dans une trajectoire beaucoup plus longue. Des étapes qui viennent couronner les efforts de toute une période, consolider ses acquis et ouvrir la voie à une nouvelle, avec ses propres ambitions, ses objectifs et ses enjeux. C’est même dans l’ordre naturel des choses. Lorsque, il y a 71 ans, le Maroc recouvrait son indépendance, Feu SM Mohammed V l’avait d’ailleurs parfaitement exprimé à travers sa célèbre formule du petit et du grand Jihad. Le Souverain savait que malgré l’ampleur de ce qui venait d’être accompli et les sacrifices considérables consentis par tout un peuple, y compris en vies humaines, le recouvrement de l’indépendance n’était pas une fin en soi. C’était l’aboutissement d’un long combat qui ouvrait sur une autre étape, tout aussi importante et certainement plus exigeante encore : celle de l’édification du Maroc indépendant. Vingt ans plus tard, lorsque les 350.000 marcheurs ont foulé le sol des provinces du Sud, dans l’une des épopées les plus singulières de l’histoire contemporaine, l’artisan de cette mobilisation historique, Feu SM Hassan II, savait lui aussi que les enjeux de l’étape suivante seraient tout aussi décisifs. Le Maroc aurait pu considérer que l’essentiel était accompli avec la récupération de ses territoires. Il n’en a rien été. Les cinquante années qui ont suivi la Marche Verte ont été consacrées à un immense effort d’édification, d’investissement et de développement, particulièrement dans les provinces du Sud. Pour prendre la mesure de ce qui y a été réalisé, il suffit aujourd’hui de mettre côte à côte deux photographies d’une ville comme Laâyoune, l’une datant de 1975 et l’autre de 2026. La transformation est telle qu’elle se passe presque de commentaires. Et naturellement, le cours de l’histoire ne s’arrête pas là. Il arrive même qu’il s’accélère. En 2025 puis en 2026, deux nouvelles étapes majeures sont venues s’ajouter à cette longue trajectoire. D’abord, la consécration du Plan marocain d’autonomie comme base du règlement du dossier du Sahara par le Conseil de sécurité. Puis, il y a quelques jours, la non-reconduction du mandat de la Minurso, qui met fin à 35 années de présence de cette mission dans les provinces du Sud. Avec cette dernière évolution se pose désormais la question du devenir de certains dispositifs hérités d’une époque révolue, notamment la zone tampon et les restrictions qui encadraient les mouvements à l’est du mur de défense. Des espaces qui font partie intégrante du territoire national et dont la pleine maîtrise constitue l’un des enjeux de la période qui s’ouvre. C’est aussi cela, la portée des évolutions historiques d’octobre 2025 et 2026. Après les décennies consacrées à la récupération, à la défense et au développement des provinces du Sud, une nouvelle étape s’ouvre pour le Maroc, avec d’autres chantiers à engager et d’autres ambitions à concrétiser. Et l’histoire continue… Recevez les dernières actualités d’Aujourd’hui Le Maroc directement sur WhatsApp
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